Le suicide des mères: et alors, on fait quoi ?

Oui, je vous l’accorde, il y a plus gai comme sujet. Mais c’est d’abord un blog sur les difficultés maternelles, non?

L’INSERM et Santé Publique France mènent régulièrement une étude sur les morts maternelles, autrement dit la mort de femmes liées à la grossesse, de la conception jusqu’à 1 an après l’accouchement. Ils viennent de publier les résultats de leur dernière étude en date, et les résultats sont stupéfiants.

  • Près de 87 femmes meurent chaque année d’une cause liée à la grossesse, à l’accouchement ou de leurs suites jusqu’à 1 an (stable depuis 2007)
  • La mortalité à 42 jours est en baisse depuis 2007.
  • En revanche, la mortalité maternelle à 1 an est en hausse.
  • Les 2 premières causes de mortalité sont les maladies cardiovasculaires (13,7%) et les suicides (13,4%).
  • 91% des suicides maternels sont considérés comme probablement ou peut-être évitables.
  • Le suicide est la 1e cause de décès maternel en post-partum.
  • Délai médian de survenue du suicide: 120 jours après l’accouchement

« 57,8 % des décès maternels sont considérés comme probablement ou possiblement évitables »

Ca, c’est pour la partie chiffres, en très rapide. Personnellement, si cela ne me surprend pas tant que cela, j’en ai quand même froid dans le dos. Le point intéressant du rapport, c’est qu’il identifie des actions de prévention ou de promotion de la santé. 30 messages-clés sont proposés, parmi lesquels:

L’examen médical de la femme enceinte doit savoir sortir de la sphère obstétricale (en particulier dépistage d’une vulnérabilité psychosociale, auscultation cardiaque, examen mammaire).

Plusieurs recommandations portent spécifiquement sur la santé mentale maternelle. J’en retiens quelques unes:

  • Le recours au psychologue et/ou au psychiatre doit être systématique en cas de repérage de symptômes d’alerte, surtout s’il y a une modification brutale et/ou durable de l’état mental de la femme.
  • Dépister les troubles psychiques lors de l’inscription en maternité et/ou lors de l’entretien périnatal précoce
  • La sortie de suites de couches doit être retardée en cas de doute sur un trouble anxieux ou dépressif. Un suivi à domicile organisé peut alors sécuriser cette sortie.
  • Former les professionnels de la maternité, les professionnels de PMI, et les médecins généralistes aux troubles psychiatriques spécifiques de la période périnatale.

Le risque de suicide dans l’année qui suit l’accouchement est encore trop méconnu et nécessite la sensibilisation et la formation de tous les professionnels engagés autour de la grossesse et du post-partum ainsi que des familles.

N’hésitez pas à aller consulter la page de l’INSERM ou de Santé Publique France sur cette étude, très intéressante.

***

Malheureusement, l’histoire ne dit pas quelles suites seront données à cette étude et quelles actions seront effectivement mises en œuvre.

2 commentaires sur “Le suicide des mères: et alors, on fait quoi ?

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